10 de 11. Le projet de pacte et le Conseil de la souveraineté du Québec
par Francine Lavoie, Jacques Leduc et Gordon Lefebvre
Le Conseil de la souveraineté du Québec, par sa mission, promeut la souveraineté du Québec. C’est là son seul mandat. Faire le pays, le bâtir, le façonner selon les aspirations du peuple québécois, c’est l’affaire des citoyens, des regroupements indépendantistes et des partis politiques. Le CSQ se met à leur service.
Notre approche se concrétise sur trois fronts :
1- Le politique. Notre organisme est constitué, entre autres, de délégués de trois partis politiques. Ceux-ci ont leur propre agenda quant à la démarche vers le pays.
2- Les citoyens. Ceux-ci se mobilisent à l’intérieur d’organisations, de groupes, de partis politiques. Par exemple, le comité des aînés, la Toile et le Conseil général sont autant de regroupements au sein du CSQ.
3- Les organisations. Le CSQ, depuis ses débuts en 2003, s’est toujours fait un point d’honneur de collaborer et d’entretenir des liens étroits avec les organisations nationales, qu’elles soient de la société civile ou autre. Le CSQ entend d’ailleurs jouer son rôle de centre de gravité de la mouvance souverainiste dans le but de rapprocher les souverainistes de tous les horizons dans des actions communes.
La prochaine campagne électorale sera le catalyseur par excellence de la pensée et de l’ardeur souverainistes. Le CSQ demandera alors à tous ses partenaires de favoriser un discours rassembleur et une action cohérente face à la souveraineté.
C’est qu’il y a urgence ! L’indépendance du Québec a suffisamment attendu que les partis qui en ont fait leur objectif passent d’abord par le pouvoir, mettant obligatoirement en veilleuse, même passagèrement, croyaient-ils, leur option principale. Les quarante dernières années ne nous ont pas amenés là où nous voulions aller et la déception est grande et palpable chez la plupart des indépendantistes de la première heure.
Au fil de ces années, le discours souverainiste a perdu d'importants appuis dans le monde de la littérature, par exemple, et ceux de l’enseignement, en particulier de l’histoire et des sciences économiques. Le temps est venu de réactiver et le message et le dynamisme. En plus d’accueillir comme il se doit de nouveaux canaux ou locuteurs qui ne craindront pas de s’y associer, il faudra de toute évidence réinvestir ces lieux privilégiés d’idées et de paroles.
Le CSQ entend prendre l’initiative de ce nécessaire retour, car il croit plus que jamais au rassemblement des forces indépendantistes, politiques ou autres, comme condition essentielle au succès du prochain rendez-vous, quel qu’en soit le plan d’action ou le cadre stratégique. Il est persuadé aussi que le temps est venu pour le simple citoyen de s’engager, pour la société civile de s’investir dans son avenir en appui aux actions de la classe politique souverainiste.
Si l’adhésion au projet se maintient à un niveau plus qu’acceptable, les porte-parole ne semblent pas ces temps-ci en mesure de l’actualiser à l’aide d’un argumentaire susceptible de rallier une plus grande partie de la population. Pourtant, même si cette dernière a été plus appelée à se soumettre qu’à s’affirmer, elle sort maintenant et régulièrement de son mutisme pour se manifester, à diverses occasions, révélant à coup sûr le visage le plus populaire de la démocratie.
Le peuple québécois est peut-être plus prêt que l’on ne le croit.
Le rôle rassembleur que se donne le CSQ permettra la mise en place et la diffusion de démarches prônant une ouverture certaine sur les discussions et des rapprochements entre les partis, les organisations souverainistes et la société civile. C’est un rôle devenu incontournable étant donné l’arrivée de nouveaux joueurs sur la scène politique souverainiste au Québec. Quand tous auront accepté ce changement ou cet élargissement de l’option, la recherche des moyens d’atteindre leur objectif principal, soit le pays du Québec, animera les débats. Le document des Porteurs du pays s’inscrit dans cette approche, car il invite à revoir le cadre stratégique.
Le CA du CSQ a reçu officiellement le document du Pacte lors de sa réunion du 18 août 2006. Le CA ne prendra pas position en faveur ou contre le texte parce qu’il n’est pas mandaté à cet effet. Par contre, il peut informer ses partenaires de l’existence de cette option, comme des autres options qui pourraient lui être soumises ou qui retiennent déjà l’attention de ses membres, ce qu’il fera afin de susciter un débat sur la façon la plus prometteuse et la plus réaliste de faire du Québec un pays.
Les signataires du Pacte au Conseil de la souveraineté du Québec, dont deux sont membres du CA et l’autre de la direction, comme le font d’ailleurs pour leur propre option les représentants des partis ou organisations politiques autour de cette table, poursuivent leur réflexion en demeurant attentifs à toute évolution ou concrétisation des idées qui rejoignent celles du Pacte ou contribuent au rayonnement de ce dernier.