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Mettre le cap vers l’indépendance

Intervention lors d’une assemblée du Conseil de la souveraineté du Québec, Montréal, samedi le 17 février 2007. En réponse à la question : « Sur quels éléments centrer ou recentrer le discours souverainiste ?».

À la question posée cet après-midi, je réponds : il faut mettre le cap vers l’indépendance, ce qui implique l’action avant tout. La mobilisation de l’ensemble des porteurs du pays dans le cadre d’une élection décisionnelle me semble une stratégie capable d’assurer un appui au-delà de 50% et, surtout, que cet appui puisse se concrétiser par la création d’un État indépendant. J’en conviens, ceci est plus facile à dire qu’à faire. Le discours et les stratégies déployés actuellement doivent être réévalués.

Trois points me paraissent particulièrement importants

1. Proposer en priorité un projet de pays plutôt que la gestion provinciale.

2. Entamer un dialogue entre le Parti québécois, le Bloc québécois, Québec solidaire et les organisations militantes en vue de la mise sur pied d’une coalition permanente vers l’indépendance, un pacte.

3. Permettre la discussion sur les différents modes d’accession à l’indépendance. Cette question est primordiale, car la stratégie référendaire nous enferme dans la dynamique canadienne où la situation est à l’avantage du gouvernement fédéral. Les parlementaires canadiens ne sont aucunement liés par le résultat d’un référendum, ce procédé n’a qu’une portée consultative au Canada. De plus, la loi sur la clarté (C-20) offre une marge de manœuvre supplémentaire permettant de fixer la hauteur de l’appui nécessaire.

L’élection décisionnelle vers l’indépendance

Je soumets donc à l’assemblée, un projet d’élection décisionnelle mis de l’avant par le Rassemblement pour l’indépendance du Québec (RIQ) et par les Porteurs du pays. L’élection décisionnelle est en fait une élection au cours de laquelle un regroupement de partis, de candidats et d’individus proposent comme plate-forme électorale la réalisation de l’indépendance s’ils recueillent plus de 50 % du suffrage.

Cette stratégie, démocratique, légitime et légale offre plusieurs avantages. Le mandat conféré aux parlementaires par l’élection décisionnelle est un mandat de procéder, un mandat légitime, basé sur un processus reconnu dans l’ensemble des démocraties : la volonté populaire exprimée dans le cadre d’une élection. Ce mandat n’a rien de comparable à une consultation référendaire et constitue une police d’assurance contre la loi C-20.

L’élection décisionnelle facilitera l’implication de la communauté internationale dans l’éventualité où le Canada ne reconnaisse pas le Québec indépendant, une majorité exprimée lors d’une élection est plus difficile à ignorer que le résultat d’un référendum soumis à une loi émanant d’un pays souverain, le Canada.

L’élection décisionnelle, par le regroupement des porteurs du pays, offre également la possibilité d’une forte mobilisation. Une mobilisation centrée sur le projet de pays, au-delà des tendances idéologiques, un pacte permanent entre des partis, des candidats et des individus, susceptible de faire augmenter l’appui au projet de pays au sein de la population.

Ce mode d’accession à l’indépendance peut paraître difficile à mettre en œuvre. Certes, il faudra y mettre de l’effort, mais, je crois que cette stratégie mérite d’être considérée sérieusement. Un organisme comme le Conseil de la souveraineté du Québec pourrait jouer le rôle de médiateur entre les différents partis pour entamer le dialogue nécessaire à sa mise en place.

Commentaires

Peut-être que le parti ADQ serait intéressé à faire partie de la coalition.Mario Dumont et son parti avaient appuyé le camp du OUI lors du dernier référendum.

Pourrait-il y avoir une entente entre le PQ et l'ADQ pour former un gouvernement de coalition, dans lequel Mario Dumont pourrait hériter d'un ministère, s'il endossait le projet d'élection décisionnelle en faveur de l'indépendance? Serait-il impossible de concilier les programmes des deux partis advenant une telle entente?

Il est peut-être trop tard vu le déclenchement des élections mais si c'était possible, le 51% et plus en faveur de l'indépendance serait presqu'assuré.

Le ralliement de l’ADQ au pacte serait un atout majeur pour l’accession du Québec à l’indépendance. Je ne mentionne pas cette possibilité dans mon texte considérant la position autonomiste de l’ADQ, mais le RIQ et les Porteurs du pays ne l’excluent pas. Nous la mentionnons à quelques reprises dans nos textes sur le projet de pacte.

Vous avez raison, il est trop tard pour l’élection actuelle. Il faut donc travailler à la promotion de l’élection décisionnelle pour la prochaine fois!

J'ai toujours considéré qu'une coalition souverainiste devait prendre forme avant le déclenchement d'élections cruciales. Malheureusement, je crois que les intérêts divergents des partis - parfois accessoires, parfois notables - et l'aspiration au pouvoir nuisent à ce cheminement assurément gagnant.

Je crois aussi que ces alliances pourraient faire une grande différence dans l'autodétermination du peuple québécois. Après tout, la raison d'être d'un indépendantiste n'est-elle pas de donner un pays à sa nation ? Le Parti québécois, principal représentant du projet qui tente de regrouper la droite et la gauche, n'aurait plus vraiment sa place dans un Québec indépendant. Le PQ avait fait les premiers pas en tentant de rallier les différents mouvements sécessionnistes. Les différends entre les dirigeants et les militants ont freiné ses espoirs de réunion.

J'aimerais croire en cette avenue...

L'idée d'une coalition pour une élection décisionnelle est fantastique, mais le plus gros joueur (le PQ) de cette possible coalition est sur le point de baisser les bras et de s'enferrer irrémédiablement dans une gestion provincialiste de la cause indépendantiste. Nous ne pouvons plus compter sur ce parti, il a brulé son option fondamentale tant chez l'électeur moyen que chez ses militants les plus partisans. Il faudrait donc un parti uniquement dédié à l'indépendance sans couleurs gauche-droite et Montréal-régions. Un parti dont le programme sera uniquement un programme de pays dans lequel on discutera de santé, d'éducation, d'économie, de culture etc. dans l'optique du nouveau pays à venir. En fait, remettre en place le programme de pays: LA SOLUTION (avril 1970) qui fut à l'origine du PQ, mais en le modernisant évidemment.

J'espère que le test de monsieur Louis Bernard sur l'avenir du parti Québécois va avoir une bonne écoute dans le PQ. Sa proposition est quand même intéressante et sa vision s'enlignerais bien avec la proposition du Pacte....

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