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Des défis sur le chemin de l’indépendance. Bilan du happening indépendantiste du RIQ

Au nom du conseil d'administration du RIQ

Samedi le 20 octobre, le Rassemblement pour l’indépendance du Québec (RIQ) tenait à Montréal un happening indépendantiste. Les trois conférenciers invités, MM Louis Bernard, Robert Laplante et Claude Bariteau, ont cerné trois enjeux d’importance pour l’accession du Québec à l’indépendance: le contenu de l’indépendance, les moyens d’y arriver et les modalités de la reconnaissance internationale. Les échanges ont permis de faire ressortir quelques consensus mais surtout l’ampleur des défis à surmonter pour réaliser démocratiquement l’indépendance du Québec et devenir membre des Nations unies.

Des échanges sur le contenu de l’indépendance, deux tendances principales ressortent : l’importance de mettre de l’avant un projet de pays et, de l’avis de M. Bernard, la pertinence de présenter l’indépendance comme un vaste chantier permettant l’acquisition de tous les pouvoirs pour construire le pays à notre goût. Au-delà des écarts notés entre ces deux tendances, il est ressorti une volonté d’inscrire le projet d’indépendance sur des valeurs susceptibles de mobiliser une majorité de citoyens.

La présentation de M. Laplante sur les moyens d’y arriver suscita un large consensus sur la pertinence de la voie électorale comme mode d’accession à l’indépendance. Ce constat émerge de la volonté de lier le mandat et l’option, de la prise de conscience des difficultés de l’utilisation d’un référendum dont les règles sont encadrées par la loi sur la clarté (C-20) et du caractère consultatif du mandat référendaire au Canada. En contrepartie de fortes divergences ont fait jour en ce qui concerne l’appui nécessaire pour procéder. La voie référendaire étant écartée, deux thèses principales furent débattues : une élection à majorité simple des parlementaires sans l’appui majoritaire des électeurs et une élection à double majorité, soit un appui majoritaire des électeurs et l’élection d’une majorité de parlementaires. Les partisans de l’élection à majorité simple s’appuient sur le parlementarisme britannique tandis que les promoteurs de l’élection à double majorité en font une question de respect des principes démocratiques et de légitimité.

Analysant les conventions internationales conduisant à la reconnaissance d’un nouvel État par les membres des Nations unies, M. Bariteau a démontré qu’une élection à double majorité, dans le cadre d’un pacte électoral entre partis politique ou non, est le véhicule le plus approprié pour déboucher sur une reconnaissance internationale, car elle conduit à un conflit de légitimité entre le peuple québécois et l’institution qu’est le Canada. Les promoteurs du Parti Indépendantiste, nouvellement reconnu, ont banalisé l’importance des conventions internationales et minimisé celle d’un appui majoritaire du peuple québécois. Il en découla le constat d’une conciliation impossible entre ces deux façons d’accéder à l’indépendance.

À la suite de ce happening indépendantiste, le RIQ fait le constat suivant : le mouvement indépendantiste est à la recherche d’une nouvelle approche et plusieurs défis importants restent à surmonter. C’est à ce travail que le RIQ convie les indépendantistes de tous horizons.

Voici ces défis :

1) mettre de l’avant un projet de pays basé sur des valeurs démocratiques susceptibles de rejoindre les Québécois de toutes origines et de toutes tendances idéologiques.

2) construire un consensus autour d’une élection à double majorité constituant la voie la plus efficace pour faire ce pays et obtenir la reconnaissance des membres des Nations unies.

3) établir un dialogue entre les partis politiques porteurs du projet de pays dans l’objectif d’une coalition au sein d’un pacte électoral proposant au peuple québécois une plate-forme commune axée sur le pays dans le cadre d’une élection à double majorité.

C’est dans cette direction que le RIQ compte poursuivre son travail de réflexion avec l’ensemble des porteurs du pays intéressés à y collaborer. En ce qui concerne l’idée de fonder un parti indépendantiste tel que mentionné dans l’invitation du happening, le RIQ y demeure favorable mais pas au prix d’un renoncement des règles démocratiques reconnues et dans la mesure où ce dernier s’inscrive dans la logique des trois défis précédemment mentionnés.

Pour plus de renseignement, nous vous invitons à consulter le texte de Claude Bariteau intitulé Les véhicules menant à l’indépendance du Québec au regard des conventions internationales ainsi que le document Un pacte pour le pays du Québec élaboré par les Porteurs du pays sur le blogue du RIQ à l’adresse suivante : http://www.riqblogue.org/

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